22/03/2009

L'enfance de l'art

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Je ne l'ai jamais rencontré qu'au croisement d'une toile, sur le contour en pointillé de mon existence. Comme si elle avait jailli d'un coup de pinceau.

 J'appris le monde dans son paysage, derrière la portée de son regard.

Le crayon sélectif et esthète du poète qui démultiplie le sens en formes et en couleurs.

Et le doigt qui pose l'existence en replaçant les choses au hasard d'une émotion et au gré de l'air du temps. Superbe artiste, pur au point d'être à la fois maître et maîtrisé ...

J'appris à déceler l'importance du petit dérisoire dans la transparence de son empreinte. Il m'a laissé les traces de cette profonde humanité, celle qui souffre en même temps qu'elle résiste au prix de l'authenticité

J'ai inventé des mots dans ses images, de la poésie dans son espace sensible de gosse bafoué...et je reste précieusement blottie dans son univers comme sur le fil qui me relie désespérément à la vie.

Parce que je l'ai aimé comme un porteur de sens, comme une dictée de mon inconscient le plus familier, familial, comme un père.

Mon père.

 

Chantal Van den Abeele

 

14:23 Écrit par Expo dans L'artiste | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : remy van den abeele |  Facebook |

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